J’ai l’impression d’avoir été au régime toute ma vie. C’est une des phrases que je me suis répétée pendant des années. J’avais 11 ans lors de ma première visite chez une diététicienne, j’étais en 5ème primaire et je me sentais différente. Et je l’étais : mes formes de femmes commençaient à se dessiner, mes origines vénézuéliennes, et les formes qui vont avec étaient plus marquées que ce que j’aurais voulu à l’époque, j’avais quelques « rondeurs ». Ma mère, inquiète pour ma santé et mon ressenti auprès de mes camarades de classe, m’a emmenée chez une diététicienne. Après un ou deux rendez-vous, mon alimentation s’est vue transformée : pâtes et riz complets, aucun soda, interdiction de manger barres chocolatées et chips en tous genre et tout ce qui rend votre enfance « normale » à priori. Pour moi, c’était un changement drastique et très difficile. Comment expliquer à une enfant de 11 ans qu’elle doit manger 50g de pâtes (à la place de son assiette habituelle) parce qu’elle ne rentre pas dans les normes que la société a fixé pour elle dès son plus jeune âge…? Eh bien, on ne l’explique pas ET en plus de tout ça, on lui crée un léger trouble du comportement alimentaire.
Parce que n’allez pas vous imaginer que ce fût ma seule et unique visite chez un spécialiste de la santé pour perdre du poids. La majorité des régimes échouent, je ne vous apprend pas grand chose. En fait, plus le régime est drastique, plus les chances d’échouer (et de reprendre plus que ce vous avez perdu) sont grandes. J’ai donc suivi un autre nutritionniste à mes 16 ans, un autre à mes 19 ans et entre mes 11 et mes 26 ans, j’ai essayé pleins régimes en tous genres #dukanetcompanie qui me garantissaient une perte de poids « rapide et efficace » (laissez-moi rire). La seule perte de poids non-restrictive et saine que j’ai fait a été au Centre de la chirurgie bariatrique et de la nutrition (de Sainte-Rosalie à Liège). J’ai perdu 11 kilos en un an, sans vraiment de restrictions, en réapprenant à manger sainement. Après, ce n’était pas parce que j’aimais mon corps et que je voulais le meilleur pour lui que j’ai commencé cette procédure de perte de poids; c’était parce que je détestais mon corps et que je voulais le changer. J’étais convaincue qu’en pesant moins, je m’aimerais plus. ÉCHEC ! Je me trouvais toujours aussi « pas aux normes » (comme ça, on dirait que je parle de la rambarde d’une terrasse qu’il faut « remettre aux normes »)…

Et je me disais l’autre jour, que le fait d’avoir eu une alimentation « restrictive » pendant près de 15 ans m’ait empêché et m’empêche encore aujourd’hui de faire des choix sains au quotidien. Je prends un bête exemple : le petit-déjeuner. Toute mon adolescence, soit, chez ma mère, je mangeais allégé/complet/sans sucres ajoutés pour le petit-déjeuner, soit, chez mon père, si je mangeais une tartine de choco, je recevais des critiques et remarques (« Tu es sûre que tu devrais manger ça? N’as-tu pas assez mangé? … »). Je dirais que j’ai pu avoir une liberté alimentaire conditionnelle vers 19/20 ans lorsque je vivais toujours avec ma mère mais que je commençais à prendre mon indépendance. Je peux vous dire qu’après 10 ans de frustration alimentaire, je m’en suis donnée à coeur joie avec les tartines de choco. Pour moi, c’était un peu ma revanche, mon f*ck l’oppression à moi. Et encore aujourd’hui, je vois parfois des « séquelles » de cette adolescence. Quand je veux manger un petit-déjeuner, l’ado frustrée en moi veut des tartines au choco, des céréales fourées au choco et un grand verre de jus d’orange sans pulpe. Et c’est là que le choix conscient intervient, c’est à ce moment que je choisis de faire un choix bienveillant pour mon corps, sans pour autant me frustrer ou me restreindre. Je sais que je ne me restreins pas, si j’ai vraiment envie de cette tartine au choco, je la mangerai. Mais avant, je fais le point : est-ce que j’ai envie de chocolat par automatisme de frustration adolescente ou est-ce que j’ai plutôt envie d’autre chose par volonté d’être bienveillante et sereine avec moi-même et mes choix ?
C’est à mes 25/26 ans que je me suis jurée de ne plus faire de régimes, de programmes minceur et tous les autres pièges qu’on vous vend partout. Sans le savoir, c’était un premier pas vers une certaine bienveillance corporelle. Depuis approximativement juin 2020, juste avant mes 27 ans, je décide, chaque jour, de m’accepter comme je suis, avec mes formes et mes rondeurs. #maphilosophie Je dis « juin 2020 » car c’est à ce moment-là que j’ai eu un « déclic », du jour au lendemain, j’ai arrêté de me dire que je devais faire attention à ce que je mangeais. Que si je mangeais une part de gateau au chocolat aujourd’hui, il faudrait que je mange moins demain, que si je cumulais raclette et pizza dans la même semaine, il fallait que je mange de la soupe pendant trois jours, que si je ne mangeais pas pleins de fruits et légumes quotidiennement, je n’étais pas une bonne personne. J’ai arrêté de qualifier certains aliments de bons ou de mauvais. J’ai arrêté de penser H24 à la bouffe et MON DIEU, je ne peux pas vous dire l’espace mental que ça libère, un truc de dingue (d’ailleurs j’ai commencé ce blog depuis, coïncidence?) !
Aujourd’hui, je suis dans un parcours qui va vers unemeilleure acceptation de mon corps, car ce n’est pas tous les jours rose et que ça se travaille au quotidien, vers une liberté alimentaire, où je choisis de m’alimenter avec bienveillance et vers une paix intérieure, sans être obsédée par la nourriture.
J’espère que lire tout ceci vous aidera dans VOTRE parcours, parce que chacun a son propre parcours, ses objectifs et son histoire. Ne suivez la voie de personne d’autre, c’est la vôtre qui compte le plus ❤️
Love,
A
